Mon expérience photographique

Extraits de l'interview de la FDS (FDS n°22-Avril 2010) du site http://www.fousdereflex.com

Je distinguerais deux principales périodes : Ma période argentique et Ma période numérique qui relativement ne fait que commencer.

Ma période argentique (la plus longue) :
Premier appareil acheté avec mon tout premier salaire provenant du travail en tant que manœuvre dans le bâtiment, un Olympus 0M10 semi-automatique, débrayable, avec un objectif standard 50mm f/1.8. Un rêve concrétisé en 1978. J’ai photographié comme tout le monde la famille, et  les paysages. J’ai commencé à lire des livres sur la photographie, la composition, le portrait, le paysage, en autodidacte, et j’ai commencé à travailler avec des filtres, puis j’ai fait des natures mortes. Je me suis ensuite au bout de trois ans acheté un Olympus OM1n plus pro entièrement manuel, une optique 55mm f/1.2 et j’ai commencé à photographier Paris. Tout ça en diapo, car je n’avais pas de moyens financiers pour payer les pellicules et les développements. Ma famille étant modeste, et sans doute plus intéressé par les études, je ne me suis jamais inscrit à un club photo. J’ai ainsi au cours de toutes ces années fait des dizaines de milliers de photographies de paysage, de Paris, avec une recherche permanente des couleurs pétantes, filtrées, plastifiées à l’extrême. Mon idole d’alors Cheyco Leidman. Mais un jour, je découvre une photo de Jean Loup Sieff, une de celles de la Vallée Mort, et là, ce fut une révolution, un souhait de faire du N&B. Seulement voilà, la diapo en N&B c’était difficile, alors je n’ai pu qu’étrenner quelques pellicules Ilford HP5. A force d’études, la photographie n’est devenue qu’accessoire, et mon OM1n a passé plus de temps dans son sac qu’à prendre l’air. Un jour, alors que j’avais déjà mon cabinet médical, au cours d’une visite auprès d’un malade, je tombe sur un monsieur âgé en train de photographier une cité derrière chez moi. Je me suis approché et puis j’ai discuté quelques minutes avec lui car cette cité, ou du moins une partie, allait être bientôt détruite. Il m’a dit l’avoir déjà photographiée quelques années auparavant, et très amicalement nous avons discuté et puis je suis parti le laissant à ses prises de vues. Ce n’est que quelques mètres plus loin que l’on me dit que c’était Robert Doisneau en personne. Jamais je n’oublierais sa gentillesse, sa  courtoisie et cet entretien qui me reste comme ma  naissance photographique humaniste. Ce fût vous imaginez bien, une révélation. Je m’achète un, puis deux, puis trois de ses bouquins. Je découvre la personne, son art, et finalement la photographie de cette cité intitulée « Les 20 ans de Josette ». Voilà comment je suis devenu photographe humaniste grâce à cette rencontre.

Ma période numérique (la plus courte car récente) :
Le temps a continué à tourner de manière implacable, et arriva l’ère du numérique. Je m’achetais un petit compact un Nikon 3100, vraie révélation, génial le numérique ! Mon OM1n qui prenait l’air plus régulièrement, s’est vu de nouveau caché au fond du sac dans le placard, et depuis n’en sort plus. Je peux enfin prendre le nombre de photos que je veux, je ne suis plus limité aux aspects financiers de la question. De plus c’est raté, on jette. C’est réussi on garde. Mais vite me manquent les réflexes de prise de vue de l’appareil reflex. Je m’achète un Canon 350D, quelques objectifs 55-200, 28-80, 20-35, 50 f/1.8, et je commence la photo numérique plus assidument. Je m’inscris à un forum, j’ose montrer mes clichés enfin, je fais la connaissance de quelques membres que j’apprécie grandement. Je m’achète un Canon 40D puis une optique 17-40mm f/4 L qui me permet d’être au contact des gens que je photographie, et dernièrement, un 70-200 f/4 L espérant réaliser quelques portraits de rue. Mais surtout, des gens comme PROF et dufour_l me font venir sur FDR pour partager mon engouement de la photo, et depuis, c’est le bonheur parmi vous tous ! Je tâcherai d’y défendre la photographie humaniste ou du moins une certaine idée que je m’en fais.

Mon évolution photographique = Passer de Cheico Leydman à Doisneau, une vraie révolution ! Passer du net et ultra-net, coloré à outrance, à du N&B ou net ou flou, dans l’action, vous imaginez, c’est comme passer d’un jour ensoleillé au bord d’une plage multicolore à une nuit de pleine Lune en rase campagne. Souvent on me demande pourquoi le N&B ? C’est qu’en fait la couleur avec son agressivité représentant la vie active, le noir et blanc me plonge directement dans cette fraction de temps encore présente mais appartenant déjà au passé. Mais c’est aussi une référence à la photographie humaniste des grands noms de cette spécialité.

Photo idéale = Jean Loup Sieff -> vallée de la Mort parce que c’est la photo N&B qui m’a montré que la couleur apporte moins dans l’expression photographique que la gestion des contrastes en N&B.

Photo qui a changé ma façon de photographier = Robert Doisneau « Les 20 ans de Josette » parce que réalisée là même où j’ai rencontré Robert Doisneau, et qui m’a appris à avoir cette nostalgie du temps présent immédiatement passé.


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"La difficulté c'est de sortir de la photo unique, et de réaliser une série homogène jusqu'à ce que l'ensemble prenne forme et soit porteur de sens".
S.Hugues, RP n°181 S Avril 2007 p.62.

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